C’est dans les planches de ‘Le Sceptre d’Ottokar’ qu’Hergé a vraiment trouvé son style, son petit truc en plus, vous voyez ? Un peu comme un peintre qui découvre enfin la couleur qui lui va à ravir. À partir de là, c’est ligne claire à gogo ! Hergé, le roi de la ligne claire, le maître incontesté du trait net et précis. Plus de bavures, plus de flous, juste du beau dessin bien propre !
Les éléments-clés de cette Aventure de Tintin
Huitième album de la série de Les Aventures de Tintin, Hergé, le Nostradamus de la bande dessinée, avait tout prévu. Alors qu’en Europe, les tensions montaient et que les bottes nazies commençaient à faire du bruit, lui, il inventait la Syldavie, une petite monarchie bien tranquille qui allait vite se retrouver au cœur d’une intrigue internationale. Avec « Müsstler », c’est sûr, Hergé ne faisait pas dans la dentelle. Un mélange de Mussolini et d’Hitler, le cocktail parfait pour une bonne histoire de espionnage. Mais rassurez-vous, Tintin, notre héros national, était là pour remettre les pendules à l’heure.
La monarchie belge est à ce moment de l’histoire, également menacée par le régime nazi

Le Sceptre d’Ottokar
Double planche originale n°50 pour les pages 97 et 98 de la première édition noir et blanc de l’album « Les aventures de Tintin – Le Sceptre d’Ottokar » de 1939.
Encre de Chine, rehauts de gouache blanche, aquarelle bleue et traces de mine de plomb du crayonné gommées. Signée.
Traces d’un dessin de Milou effacé dans la marge gauche.
H 39,8 x L 60 cm. Encadré.
Dupont, Bianca, Musstler et les autres.
Eh oui, c’est dans cette aventure qu’on découvre enfin les prénoms de ces deux champions de la bêtise, Dupont et Dupond ! Avant ça, c’était juste X33 et X33bis, comme des numéros de série pour robots ménagers. Et puis bim, la Castafiore débarque avec sa voix qui pourrait faire fondre un iceberg ! Elle nous chante son air des bijoux, et on se demande si elle ne va pas casser les c… euh les vitres. Ah, la Castafiore, quelle diva, ridiculisée dans son costume de bourgeoise allemande opulente !
Le nom de ‘Müsstler’, évoquant les ambitions expansionnistes de l’Italie fasciste, vient troubler l’atmosphère insouciante de l’aventure. Cette référence historique, habilement glissée par Hergé, souligne l’acuité de son regard sur le monde. Il ne représentera jamais ce chef du parti fasciste et nationaliste, dans cette histoire.
Müsstler, ça fait tout de suite penser à Mussolini, non ? Hergé, le petit malin, il a glissé ce nom-là en douce pour nous faire flipper un peu. C’est comme si dans une histoire pour enfants, on te disait que le méchant loup s’appelle Hitler. Pas très rassurant, hein ? Mais bon, rassurez-vous, Hergé n’a pas voulu faire un documentaire historique, juste nous faire peur avec un nom barbare.
Graphisme et dialogues.
Regardez donc ces dialogues en MAJUSCULES ! À l’époque, c’était la mode, un peu comme de porter des chaussettes à rayures. Mais rassurez-vous, Hergé, avec sa ligne claire, a réussi à rendre tout ça super lisible. C’est comme si on lisait une bande dessinée pour les daltoniens : simple, efficace et sans fioriture. Et ces lignes, toutes droites et bien alignées, c’est du grand art ! On dirait presque un tableau de Mondrian, mais en version BD. Franchement, chapeau bas !
La planche de gauche :
Elle constitue en elle-même une histoire dans l’histoire. Milou, le petit chien le plus célèbre de la BD, a droit à son quart d’heure de gloire dans cette histoire. Imaginez un peu : des éclairs dans les phylactères, des montages dignes d’Hitchcock… C’est du grand art ! Hergé, le Spielberg de la bande dessinée, nous régale avec une séquence d’action digne des plus grands films. Milou, le héros méconnu, prouve qu’un chien peut aussi être une star de cinéma !
Dans la dernière vignette, regardez donc cette diagonale qui relie tous les personnages ! C’est comme si Hergé avait voulu faire un schéma pour expliquer les relations entre les différents protagonistes. Et Milou, avec son sceptre, au centre de tout ça, il a vraiment la grosse tête ! Le roi, lui, il a l’air aussi surpris qu’une poule qui trouve un diamant. On dirait qu’il vient de réaliser qu’il avait un chien super intelligent chez lui. Et ces portraits d’ancêtres tronqués, c’est le détail qui tue ! On dirait que Hergé s’est amusé à les couper au ciseau pour faire peur aux enfants. Bref, une dernière page pleine de rebondissements et d’humour.
« Ouais, sérieux, cette salle, c’est le pompon ! Imagine un peu : un tapis rouge plus long qu’un terrain de foot, des lustres en cristal qui te filent la migraine, et des portraits de types hyper-sérieux qui te regardent de haut en bas. C’est comme si on avait débarqué dans le château de Dracula, mais en version un peu plus kitsch. Et le tapis, alors ? Il ondulait comme une mer en colère ! »
La couverture du Petit Vingtième :
L’analyse comparée de la planche et de la couverture du Petit Vingtième révèle des variations notables dans la représentation de la scène. Hergé, le perfectionniste de la BD, a décidé de nous jouer un petit tour avec cette couverture. Il a tout changé : le tapis, les meubles, l’éclairage… C’est comme si on avait visité une salle d’exposition où tous les objets changent de place tous les jours. Et ce pauvre second ministre, il a dû se demander comment il avait fait pour se retrouver sur la couverture alors qu’il n’était même pas encore arrivé dans l’histoire. Hergé, le maître du suspense, nous a encore une fois bluffé.
La planche de droite :
Ah, Müsstler ! Quel nom, hein ? Ça claque comme un coup de bélier sur la porte d’un palais ! Après toutes ces aventures rocambolesques, voilà qu’on retombe dans l’Histoire avec un grand H. Hergé, notre Tintin national, nous rappelle qu’à l’époque, Mussolini faisait un peu le mariole en annexant l’Albanie à tout va. Mais attention, les Albanais, c’étaient pas des manchots ! Ils avaient déjà mis les Italiens à la porte une fois. Alors, quand on voit Tintin et Milou sauver la mise, on se dit que peut-être, juste peut-être, Hergé nous fait un clin d’œil. Un petit clin d’œil qui dit : « Ouais, les méchants, ils peuvent bien faire des plans, y aura toujours des héros pour les déjouer ! » Et puis, bon, on sait tous comment ça a fini avec la guerre et tout… Mais pour l’instant, on préfère se concentrer sur les aventures de notre reporter préféré et son petit fox-terrier !
C’est fou comme l’Histoire se répète, hein ? Aujourd’hui encore, on voit bien que les conflits, ça n’a pas changé…
Tintin, le chevalier servant des rois en difficulté. On dirait presque un agent immobilier de luxe spécialisé dans les palais royaux en péril. Mais bon, on ne va pas se mentir, entre Tintin et Léopold III, c’est une histoire d’amour qui dure depuis des années. Un peu comme une série télé qui ne finit jamais.
Notre cher roi syldave, avec son air digne et majestueux, ne se laisse pas impressionner par grand-chose. Même après avoir lu les documents top secrets de Tintin, il garde son calme royal. On imagine déjà la fête qui va éclater au palais : du champagne, des feux d’artifice… et peut-être même un concours de lancer de premiers ministrables (enfin, ça, c’est juste une blague, hein !).
Mais attention, dans l’univers de Tintin, rien n’est jamais simple. Un coup de canon, un coq qui chante à tue-tête et hop, on repart dans l’aventure. Les Bordures, ces voisins un peu bruyants, vont-ils en profiter pour envahir la Syldavie ? Et puis, cette statuette de nu, c’est quoi cette histoire ? Tintin, le nouveau David ? En tout cas, une chose est sûre : Hergé avait le sens de l’humour, même quand il dessinait des histoires de rois et de espions !




